[Avis] Time Stories : The Hadal Project – Space Cowboys – Jeu de Société

Time Stories c’est fini, voilà le nouveau Time Stories. Et c’est une très bonne surprise.

Time Stories : The Hadal Project

Article sans aucun spoiler ! Mieux vaut avoir lu le précédent article pour mieux appréhender les différences !

 

Fiche jouabilitE

Recommandation : 95% – Une nette amélioration. Gameplay renouvelé, illustrations et qualité littéraires au rendez-vous. Le jeu marche aussi bien pour les habitués de Time Stories que pour les nouveaux joueurs. Une très belle réussite. Nous on a adoré !

Hasard : 30% –  Le hasard prend sa place sur le tirage des cartes Destin mais c’est tout. Il est plus malléable.

Rejouabilité : 30 %– Time Stories reste un jeu d’une fois, en tout cas pour chaque scénario. Cela dit (au moins sur ce premier scénario), le fait que les réceptacles aient des decks particuliers semble augmenter la rejouabilité. Encore un bon point.

Interaction : 100% – L’essence du jeu. Toujours aussi bon.

Complexité : 50 % – Toujours pareil. Des règles pas bien compliquées, mais quelques cas d’interprétation qu’on aurait pu éclaircir. Sinon la mécanique est simple est bien foutue.

Stratégie : 90 % – Peut-être encore plus qu’avant, la stratégie reste essentielle. Votre communication avec les autres et les choix en découlant restent le coeur du jeu.

Immersion : 95% – Bon là ça dépend des scénarios. Mais les illustrations sont globalement toujours de qualité dans Time Stories, c’est le cas pour ce scénario. L’histoire tient tout à fait la route.

Qualité du matériel (jeu) : 80% – Toujours aussi agréable au niveau des illustrations, de la qualité littéraire. On regrettera que les cartes aient été collées à l’ouverture, et une fois une boîte un peu trop grosse( je pinaille). Mais c’est encore une fois plus complet, pour le contenu entier de la boîte, que les scénarios du cycle blanc. Mention spéciale pour les Azraks. C’est mieux ces pierres bleues que des bouts de carton.

   –  27 € chez Philibert

Fiche jeu

Type : Coopératif / Decks à explorer / Immersion
Nombre de joueurs : De 2 à 4
Durée : 4h
A partir de : 13 ans
Extension(s) disponible(s) : Aucune
Support : Comme avant : un bon gros paquet de cartes, mais cette fois-ci en plus, une planche de jetons cartonnés, des jetons/billes bleu(e)s.
Mécanique(s) de base : Résoudre une mission impliquant de voyager dans le temps en réfélchissant et explorant avec ses équipiers
Thème(s) : Futuriste / Voyage Temporel / Aquatique

But du jeu / Aperçu des règles

The Hadal Project bouscule nettement les anciens joueurs de Time Stories : Exit la boîte de base, nécessaire au cycle blanc. Chaque nouvelle boîte du cycle bleu (le nouveau qui débute ici-même) s’auto-suffit.

Le speech de départ est le même : Dans Time Stories, les joueurs incarnent des agents du consortium Time, qui sert à voyager dans le temps, afin de corriger ou d’empêcher des événements néfastes du passé ou du futur. Pour cela les agents sont « transportés » dans le corps et dans l’esprit de personnes de l’époque de la mission, appelées réceptacles.

Ce qui change, c’est qu’il n’y a plus de runs. Donc, plus d’essais successifs en refaisant plus ou moins la même chose. Les joueurs possèdent à la place des Azraks (les pierres bleues) qui représentent le lien entre l’agent et le réceptacle. Chaque action de l’agent dans sa mission va lui coûter des Azraks, la nouvelle unité temporelle. Un agent sans Azrak est déconnecté de son réceptacle (hors jeu donc).

Le jeu se déroule au départ de la même façon. Les agents sont dans un lieu, représenté sous la forme d’un panorama, toujours. Chaque agent effectue gratuitement une exploration. Il visite alors une partie de ce lieu, en retournant la carte de son choix. Il la consulte, puis la garde cachée devant lui. Et c’est là que ça change : les agents peuvent agir sur leur carte, aller visiter une autre carte ou se mettre en disponibilité (c’est à dire prêt à aider un allié). Hormis la mise en disponibilité, ces actions coûtent ce coup-ci des Azraks, et donc du temps. Mais contrairement au cycle blanc, chaque joueur peut agir quand il le souhaite. Le jeu ne fonctionne plus en « Une UT = une action pour tout le monde en même temps ». Maintenant chacun gère son temps comme il le veut. Chaque Azrak est déposé dans un pot commun.

Après avoir fait tout ce qu’ils voulaient sur un lieu, les joueurs peuvent le quitter et finir ainsi le tour. Et en commencer un nouveau dans un autre lieu. Mais c’est aussi là qu’ils peuvent décider de se partager l’ensemble des Azraks dans le pot commun, entre eux ! Donc revenir avec tout leurs Azraks. Mais faire cette action élimine définitivement du jeu un des Azraks. Et donc plus vous allez faire des phases de récupération, plus vous perdrez définitivement des Azraks. Votre score final à la mission dépendra grandement du nombre d’Azraks ainsi écartés définitivement.

Enfin, le dernier changement majeur se situe dans la résolution des tests : exit les dés ! Maintenant vous avez un deck de Destin. Imaginons qu’une carte vous demande un test d’agilité de difficulté 3. Vous allez utiliser votre valeur d’agilité et tirer une carte du deck de Destin, cette carte indiquant un modificateur (comme +1 par exemple). Et vous comparez votre résultat avec la difficulté, tout simplement. Ce qui est intéressant, c’est que les récompenses aux tests varient selon que vous ayez fait moins que la difficulté, plus et parfois égal ! C’est souvent le fait d’atteindre la difficulté exacte  d’un test qui a le plus d’intérêt. Autre donnée majeure, le deck de Destin a une contenance limitée et n’est pas systématiquement mélangé après un test. Au bout d’un moment, vous pourrez donc anticiper les cartes restantes juste avant un test… Enfin, c’est à ce moment que les agents en disponibilité peuvent dépenser des Azraks supplémentaires pour modifier la valeur du test.

Avis 

Time Stories c’est fini, voilà le nouveau Time Stories. Et c’est une très bonne surprise.

Comme promis nous ne parlerons pas ici du contenu du scénario précisément. Nous dirons juste qu’ici nous avons plutôt apprécié ses graphismes, son univers, l’intégration des nouvelles règles. D’une façon très personnelle je l’ai trouvé un poil trop linéaire, avec une durée pourtant idéale. Le ressenti global est très bon.

Alors parlons un peu plus de son gameplay. Eh bien ici, on a préféré de loin cette nouvelle mécanique. Elle est beaucoup plus intuitive et surtout réaliste. Notre groupe de joueurs a très souvent ressenti, sur le cycle blanc, après 3 runs, une certaine lassitude à re-re-refaire les mêmes choses. Et surtout, il y  avait alors un côté « mécanique » à refaire sans vraiment lire. Donc on perdait en qualité de jeu comme d’immersion. Le nouveau système évite plutôt bien cet écueil. On reste connectés au scénario en permanence, surtout avec le mécanisme d’Azrak qui pousse les joueurs à prendre des risques, ce qui est bien plus réaliste. Après il y a toujours un petit côté « Attends on retourne vite fait là juste pour ça… » qui peut être embêtant, mais il n’y a pas à dire, ce nouveau système est bien meilleur. Il est aussi plus agréable dans sa gestion. Chaque joueur peut faire ce qu’il veut avec ses Azraks. Pas besoin d’attendre qu’un autre ait terminé ses actions. Après, le nouveau système peut paraître plus individualiste, alors que pas du tout. Au contraire il donne plus de libertés, mais pousse encore plus les joueurs à discuter pour prendre les décisions.

Ce nouveau système a donc quasiment tout bon. En plus de ça, comme dit plus haut, il s’auto-suffit. Vous n’avez que cette boîte à sortir. Vous pouvez changer de groupe de joueurs. Les Space Cowboys ont quand même eu du coup la bonne idée de proposer le pack Experience, permettant à ceux qui le souhaitent de lier les scénarios en se créant un personnage en continu. Enfin, ce nouveau système permet de varier les gameplays. Chaque boîte peut apporter des règles très différentes. Les scénarios du cycle blanc aussi apportaient des nouveautés, mais sur le cycle bleu, le fait de s’être affranchi du plateau et des positionnements change beaucoup.

Par contre, je trouve toujours perfectible le contenant. Encore une fois, la boîte aurait pu être plus petite… Ecologie quand tu nous tiens… Enfin, une coquille s’est glissée dans le livret de règles. Encore une. Et encore une qui peut modifier les choses, surtout pour ceux jouant sans consulter internet avec ses groupes dédiés. C’est quand même vraiment embêtant pour un jeu de ce standing. Et ce n’est pas la première fois.

   –  27 € chez Philibert

Fiche technique

Date de sortie : 2019
Auteur : Manuel Rozoy, Melissa et Kevin Delp
Illustrateurs : Looky
Éditeur : Space Cowboys

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