[Avis] The Mind – Oya – Jeu de Société

C’est lui : l’As d’Or 2019. The Mind a bousculé les codes pour s’imposer alors que c’est clairement un jeu clivant. La plupart du temps c’est soit « j’aime » soit « j’aime pas ». Il y a assez peu de « Ouais bof, pas d’avis ». Alors pourquoi ?

THE MIND
 

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Fiche jouabilitE

Recommandation : 80% – Soyons francs : c’est un choix étonnant pour l’As d’Or. Parce que ce n’est pas un jeu fédérateur du tout. Nous ici, on a aimé. Mais on comprendrait parfaitement l’inverse. Nous ce qui nous a plu, c’est l’ambiance que le jeu amène, le fait que ce jeu n’ait aucun équivalent dans l’univers ludique actuel. Un jeu court mais vraiment original.

Hasard : 10% –  The Mind n’est pas du tout un jeu de hasard. Néanmoins, je lui mets 10% parce qu’il peut vous arriver d’avoir des cartes très proches, et donc malheureusement, par pur hasard, vous compliquer la tâche.

Rejouabilité : 40 %– Un point négatif. Là encore, il n’y a qu’un seul mécanisme de jeu, une seule façon de gagner. On ne peut vraiment pas dire que le jeu se renouvelle. On vous invite à espacer vos parties (n’en enchainez pas 7 dans une soirée quoi) et variez vos groupes de joueurs. Là, The Mind sera toujours un plaisir.

Interaction : 95% – C’est là que ça va être la guerre. J’estime que le jeu est plein d’interactions car on joue nécessairement ensemble et on doit se « sentir » les uns les autres, se jauger. Mais on me répondra que non, chacun joue dans son coin et pose une carte quand il peut… Ca se vaut !

Complexité : 10% – Jamais vu des règles aussi courtes, et un jeu aussi facile à expliquer. The Mind n’a vraiment rien de compliqué. Par contre, le gagner, ça c’est compliqué !

Stratégie : 0 % – Aucune stratégie. Comme dit plus haut, il faut juste former une complémentarité, une osmose avec son équipe pour l’emporter. Et un peu de chance aussi. Mais pas de la stratégie.

Immersion : 25 % – Le matériel minimaliste n’aide pas à s’immerger. La règle du jeu amène à croire que l’on peut vraiment se sentir limite extra-lucides mais ce n’est pas vrai. Il n’y a immersion que si on se plonge dans un thème. Ici ce n’est pas une immersion qui est créée, c’est une ambiance.

Qualité du matériel (jeu) : 75% – Un gros point positif pour le format du jeu. Une boîte toute petite, mais justement qui n’en fait pas trop juste pour être visible dans les rayonnages. Elle fait parfaitement le job. Un coût abordable. On regrettera des illustrations peu variées et peu inspirantes.

Fiche jeu

Type : Coopératif / Silencieux / Ambiance
Nombre de joueurs : 2 à 4
Durée : Entre 15 et 25 minutes
A partir de : 8 ans
Extension(s) disponible(s) : Aucune
Support : Un peu plus de 100 cartes
Mécanique(s) de base : Parvenir à poser des cartes dans l’ordre croissant sans jamais communiquer.
Thème(s) : Cartes / Réflexion / Initiative / Esprit collectif

But du jeu / Aperçu des règles

The Mind se joue en niveaux. Au niveau 1, chaque joueur aura une carte en main. Au niveau deux, chaque joueur en aura deux. Et ainsi de suite, vous aurez compris. Les joueurs gagnent la partie s’ils parviennent à triompher du dernier niveau (celui-ci est fonction du nombre de joueurs, par exemple 10 niveaux à trois joueurs). L’équipe reçoit un certain nombre de Vies (elles aussi fonction du nombre de joueurs) et un Shuriken.

Chaque joueur reçoit donc une ou plusieurs cartes. Il en prend connaissance, et les trie si ça lui fait plaisir. Une fois que chaque joueur est prêt, la manche débute. Les joueurs n’ont absolument plus le droit de communiquer, par quelque moyen que ce soit. Et ils doivent déposer dans l’ordre numérique croissant (de 1 à 100 dans le jeu) toutes les cartes de leur main (toujours la plus basse du coup). Quand plus aucun joueur n’a de cartes en main, le niveau se termine.

A chaque fois qu’une erreur est commise lorsqu’un joueur a posé une carte alors qu’un autre joueur possédait une carte de valeur inférieure. Le jeu est alors interrompu, et l’équipe perd une Vie. Chaque carte inférieure à la dernière carte posée est alors défaussée. (Imaginons que Syrine pose un 62. Guillaume avait malheureusement un 57 et même Aurélie un 61 dans leurs mains. L’équipe perd une Vie et Guillaume comme Aurélie défaussent leurs cartes inférieures à celle de Syrine. La partie reprend alors depuis la carte de Syrine).

Enfin, silencieusement un joueur peut désigner la carte Shuriken. Si tous les joueurs donnent leur accord, la carte Shuriken est défaussée. Chaque joueur peut alors se défausser de sa carte la plus basse. Certains niveaux, quand ils sont réussis, font gagner des Vies ou des Shurikens.

Avis 

C’est lui : l’As d’Or 2019. The Mind a bousculé les codes pour s’imposer alors que c’est clairement un jeu clivant. La plupart du temps c’est soit « j’aime » soit « j’aime pas ». Il y a assez peu de « Ouais bof, pas d’avis ». Alors pourquoi ?

Commençons par ce qui déplaît le plus : c’est un jeu sans communication. Vous ne pouvez discuter, parler, échanger qu’entre chaque niveau. Mais le cœur du jeu se fait dans le calme, dans le silence, et donc dans une sorte de solitude. Surprenant pour un jeu. C’est aussi un jeu sans stratégie, ou alors très peu. Vous pouvez tenter d’en discuter entre chaque niveau, mais une fois dedans, c’est vraiment difficile de se tenir à un quelconque plan. Certains vont le trouver ennuyeux, comme il ne s’y passe pas grand-chose. Enfin, on pourra lui reprocher un style graphique somme toute assez plat, sans réel relief et une rejouabilité assez faible. En effet, chaque partie comporte nécessairement les 100 mêmes cartes, et la méthode est toujours la même.

 

Bref avec ce pavé, ça ne fait pas très envie, n’est-ce pas ?

Mais ne nous arrêtons pas là : The Mind a aussi de très nombreux atouts. D’abord son format : c’est un jeu court, pratique à sortir facilement pour ceux qui ne veulent pas jouer longtemps. Ensuite, le jeu n’étant constitué que d’un paquet de cartes, son rangement, son installation et son transport sont optimaux. Certes les graphismes ne sont pas fous, mais ils sont dans le thème. Ici on aime beaucoup le lapin qui semble de plus en plus illuminé. Il est vrai que les cartes Nombres auraient pu être plus joliment agrémentées. Mais cette simplicité permet aussi d’avoir un jeu peu onéreux. Encore un bon point.

Parlons du cœur du jeu. Et reconnaissons-lui son système extrêmement original. Après tout, il crée un jeu avec juste 100 cartes numérotées ! Les règles sont tellement simples, tellement évidentes. Il y a la fois cette pensée « Comment personne n’y a pensé avant, tellement c’est simple ! » et « C’est vraiment malin, c’est simple, mais fallait le faire ! ». Moi, j’ai aimé l’ambiance que le jeu crée autour de la table. Comment les joueurs se jaugent, se regardent, puis le changement d’ambiance quand un  joueur pose sa carte. Va-t-on le féliciter de sa prise d’initiative, de son jugement ? Ou au contraire va-t-il déjouer ? La notion de challenge est aussi très forte. On a envie de croire qu’on peut le faire : on peut être assez « connectés ! » pour parvenir à vaincre le jeu. On se regarde, on se jauge toujours plus.

Dans tous les cas, The Mind est à tester. C’est vraiment un jeu à part. On peut aimer comme détester l’ambiance calme et appliquée qu’il demande, le style minimaliste qu’il possède, la simplicité des règles qu’il propose ainsi que le challenge collectif et cérébral qu’il impose.

 

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Fiche technique

Année: 2018
Auteur(s): Wolfgang Warsch
Illustrateur(s): Oliver Freundenreich
Editeur(s): Oya

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