[Avis] Dream Runners – Ankama – Jeu de Société

Dream Runners est ainsi une bonne surprise, rafraîchissant et plaisant. Veillez à toutefois à ne pas en abuser afin de ne pas se lasser d'une mécanique un brin répétitive

Dream Runners

Fiche jouabilitE

Recommandation : 80% – Dream Runners est un jeu beau, original et bien conçu. Il coche de nombreuses cases pour signer un jeu de bonne qualité. Il se situe à la frontière entre un jeu familial et un jeu complexe parce qu’il demande quand même de la réflexion sous une contrainte de temps, tout en étant pas particulièrement ardu.

Hasard : 40% –  Le hasard n’est pas très présent dans Dream Runners Alors en effet, vous ne savez jamais quelle structure va demander votre rêve, ni quelles sont les prochaines tuiles que vous pourrez acquérir, mais cela n’a que peu de place.

Rejouabilité : 90 %– Une bonne rejouabilité avec plusieurs planches de rêves pour chaque niveau. Vous avez de quoi enchaîner plusieurs parties avant de vous lasser. Par contre, pas beaucoup de renouveau au niveau mécanique.

Interaction : 75% – Une bonne interaction, bien pensée pour un jeu de ce type. Tout d’abord la course au temps. Le premier à avoir assemblé son rêve presse les autres à vite finir le leur, ce qui est assez intéressant. Et en plus, certaines cases du rêve partagent les gains, ce qui peut pousser les plus calculateurs à regarder du côté de leurs adversaires…

Complexité : 65 % – Dream Runners n’est pas très compliqué à expliquer ni à jouer. On peut très facilement le jouer tranquillement, sans optimiser à fond.

Stratégie : 75 % – Dream Runners demande de l’observation et de l’adaptation tout d’abord afin de dessiner son rêve. Il faut gérer le facteur temps et l’optimisation. Avoir une bonne utilisation de l’espace pour utiliser correctement les polyominos, et enfin une stratégie sur quelles cases du rêve viser. Cela demande beaucoup de compétences, mais de façon discrète.

Immersion : 50 % – Un thème peu exploité dans les jeux, bien rendu par le matériel, mais après coup, une fois dans le jeu, l’immersion n’est pas le point fort du jeu.

Qualité du matériel (jeu) : 90% – Un très beau matériel, coloré, avec une charte visuelle qui correspond parfaitement au thème. Le tout est d’excellente facture, beau, et donne envie. Enfin, saluons un thermoformage très bien conçu.

   –  22,50€ chez Philibert

Fiche jeu

Type : Compétitif / Polyominos / Optimisation
Nombre de joueurs : De 2 à 4
Durée : 40mn
A partir de : 9 ans
Extension(s) disponible(s) : Aucune
Support : De nombreuses tuiles polyominos, des plateaux joueurs, plein de jetons, et des cartes rêves à réaliser
Mécanique(s) de base : Reconstituer un carré avec des polyominos afin d’optimiser son rêve face à un modèle
Thème(s) : Construction Tetris / Onirisme

But du jeu / Aperçu des règles

Dans Dream Runners vous allez rêver. Huit fois. Le but est de contrecarrer les cauchemars et d’amasser des ressources pour gagner toujours plus de sérénité. Chaque joueur commence la partie au même niveau de sérénité.

Pour jouer,  chaque joueur se munie d’un plateau, des 4 polyominos de départ (les mêmes pour tous les joueurs) de 2 pièces et des pions à sa couleur (un pour la piste de sérénité, tous les joueurs commencent à 20, et un pour la piste d’étoiles). La pile de rêves est constitué, face cachée, avec deux rêves de chaque niveau, de 1 à 4.  Le plateau central comporte tous les coffres face cachés, la piste d’étoiles et les polyominos à acheter. Le sablier est posé à portée de tous les joueurs. Quand tous les joueurs sont prêts, on révèle le premier rêve de niveau 1.

Un rêve est toujours constitué d’un carré de 3 cases sur 3. Certaines cases peuvent contenir de drôles de bestioles : les cauchemars. Celles-ci font perdre des éléments de jeu, la plupart du temps, des points de sérénité. Attention ! Quand un joueur tombe à 0 de sérénité, il  a définitivement perdu ! Certaines cases sont vierges, et d’autres comportent des bonus, comme des pièces, des clés, des points de sérénité, des coffres et des morceaux d’étoile.

Lors de la première phase, les joueurs tentent de reconstituer le rêve. Pour cela, ils utilisent leurs polyominos devant eux, en les plaçant comme s’ils voulaient le superposer au rêve. S’ils placent une icône de Repousse (rose) à l’emplacement d’un cauchemar, ils en annulent les effets négatifs. A l’inverse, s’ils placent des icônes de Récolte (vert) à l’emplacement des bonus, ils les récupèrent ! Le premier joueur à être satisfait de sa structure prend le sablier, le place sur l’emplacement prévu de son plateau, et le retourne, gagnant ainsi une pièce d’or, et poussant ainsi les autres à accélérer pour ne pas avoir leur rêve mal conçu avant la fin du temps imparti. Une fois que tous les joueurs ont fini ou à la fin du sablier, la deuxième phase débute, en commençant par le joueur ayant attrapé le sablier.

Lors de cette phase, chaque joueur vérifie la structure du rêve. Pour chaque case dépassant ou manquant du carré de 3×3, le joueur perd un point de sérénité. Après il perd les malus infligés par les cauchemars qu’il n’a pas repoussés, et gagne les bonus des cases qu’il a récoltés. Il y a des coffres, qui demandent un certain nombre de clés (préalablement récoltées) et offrant de puissants bonus, et aussi des morceaux d’étoiles de 4 couleurs différentes. Pour chaque ensemble d’une pièce de chaque couleur, le joueur les dépense et progresse ainsi sur la piste d’étoiles, offrant de nombreux points de victoire. Enfin il existe des cases partagées. Chaque joueur ayant réussi une récolte sur ses cases partage le butin.

Enfin pour 4 pièces on peut acheter un nouveau polyominos, optimisant ainsi ses chances de faire un bon rêve, et pour deux pièces, il peut racheter des points de sérénité.

Et l’on effectue ces deux phases huit fois, avec un niveau de difficulté croissant. A la fin le joueur avec le plus de points de sérénité (+ piste d’étoiles et les points de victoire de certaines tuiles) remporte la partie !

Avis 

Dream Runners utilise une mécanique que l’on voit de plus en plus dans les jeux de société contemporains : les polyominos (également utilisés dans des jeux comme Scarabya, Patchwork ou encore New York Zoo, Paris : Cité de la Lumière pour en citer des plus récents). Les polyominos sont des tuiles de formes variées rappelant les pièces d’un Tetris qui peuvent s’imbriquer les unes dans les autres à la manière d’un puzzle.

Plaqué sur un thème peu rentabilisé dans les jeux de société, cette mécanique sert un jeu malin et bien pensé. La première phase d’un tour est ainsi nerveuse, alliant à la fois réflexion visuelle et stratégie, en fonctionnant comme sur un calque et rapidité, à cause de la pression causée par un joueur plus rapide que soi.  C’est une phase plaisante, avec une mécanique peu courante. La seconde phase est bien plus calculatoire et donc moins jubilatoire, mais nous, on la prend comme une phase de repos et de réflexion : Bon voilà où j’en suis. Qu’est ce que je fais ? Je m’achète un nouveau polyomino ? Ou j’augmente ma sérénité ? Le plaisir de jeu se répète ainsi 8 fois, avec une difficulté croissante, ce qui augmente le sentiment de contrôle et permet de ne pas perdre le rythme au cours du jeu.

Certains peuvent ne pas voir d’un bon œil cette mécanique « oppressive » du sablier, alors qu’ils auraient préféré prendre leur temps. Par ailleurs, un joueur habitué se montrera habituellement plus rapide, et donc une différence peut vite se marquer. C’est un des princpaux reproches que j’ai pu entendre à propos de Dream Runners.

Parce que sinon, hormis ce (possible) écueil et une immersion assez faible, le jeu est beau, avec une charte graphique qui colle parfaitement à un thème rêve. Le jeu est donc plaisant à sortir. Bien que sa mise en place puisse être un peu longue, son explication n’est pas très compliquée et passé le premier rêve, on comprend vite ce qu’il faut faire. Dream Runners se situe plutôt du côté familial bien qu’il demande néanmoins de bonnes compétences et qu’il faut se montrer stratégique sur bien des points pour optimiser ses chances de réussite.

Dream Runners est ainsi une bonne surprise, rafraîchissant et plaisant. Veillez à toutefois à ne pas en abuser afin de ne pas se lasser d’une mécanique un brin répétitive malgré les différentes cartes rêves.

   –  22,50€ chez Philibert

Fiche technique

Année: 2020
Auteur : Joan Dufour
Illustratrice : Jade Mosh
Editeur : Ankama

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