[Avis] Shadows Amsterdam – Libellud – Jeu de Société

Shadows Amsterdam est la dernière sortie du studio Libellud. De toute façon, au vu de sa charte graphique et de son gameplay, ça sent le Libellud à plein nez ! Shadows Amsterdam a même été nominé dans la catégorie As d’Or du festival international des jeux à Cannes le mois dernier, en février 2019.

SHADOWS AMSTERDAM

Fiche jouabilitE

Recommandation : 90% – Malgré un défaut majeur (et encore ce n’est que mon avis), ce jeu vaut très clairement le détour. La mécanique, les illustrations et le plaisir sont réels. Et c’est pour ça que ma note est aussi haute, la qualité du jeu l’emporte avant tout.

Hasard : 5% –  Il y a du hasard dans le tirage des cartes Indices mais franchement…  ça s’arrête là. Un jeu qui ne laisse aucune place au hasard.

Rejouabilité : 95 %– Un nombre de tuiles quartiers un peu trop faible si vous jouez souvent, mais un grand nombre de cartes Indices, des rôles différents, et plus de 120 combinaisons de ville. Une indéniable réussite. Il suffit de varier les équipes, vous ne referez j-a-m-a-i-s une partie comme une autre.

Interaction : 90% – Une interaction très forte logiquement au sein d’une équipe, donc on pourrait dire 100%, mais entre les deux équipes, la course aux Indices communs et la pression qu’on peut mettre à l’équipe adverse sont bien présents.

Complexité : 65 % – Des règles pas évidentes à lire et à expliquer, mais une fois cet écueil passé, le jeu est d’une fluidité et d’une simplicité impressionnante.

Stratégie : 35 % – Shadows Amsterdam n’est pas un jeu de stratégie, même si l’Agent de liaison doit en mettre une en place pour tracer la meilleure route à son équipe. Il faut se laisser guider par son instinct et sa confiance envers son équipe

Immersion : 85% – Une qualité graphique intéressante, le but du jeu est bien rendu dans les mécaniques. On pourra néanmoins regretter que le thème du jeu ne soit pas plus présent : au final qu’on enquête sur un acte criminel ou qu’on fasse une course d’orientation, la différence n’est pas si marquée : il y aurait pu y avoir plus de rapports avec l’enquête.

Qualité du matériel (jeu) : 60% – Là où le bât blesse. Des cartes Indices trop petites, fragiles, et une boîte pas pratique pour ranger des tuiles spéciales et des cartes hexagonales. A contrario on apprécie les figurines d’équipe, les cache-joueurs, les plaques de police, les jetons, la boîte, taille petite et belle, bien pratique.

Qualité du matériel (illustrations) : 90% – Il fallait clairement séparer la qualité en deux pour ce jeu-ci, parce qu’il faut souligner le très beau travail graphique de Shadows Amsterdam. Les illustrations sont superbes, détaillées, fines et colorées. Chapeau bas.

   –  22.90 € chez Philibert

Fiche jeu

Type : Compétitif/Interprétatif
Nombre de joueurs : De 2 à 8_
Durée : 30mn
A partir de : 9 ans
Extension(s) disponible(s) : Aucune
Support : De grandes tuiles de quartiers et plein de tuiles indices, représentées à l’aide d’hexagones.
Mécanique(s) de base : Se déplacer dans les quartiers en s’aidant des indices visuels proposés sur les cartes indices
Thème(s) : Lyrique – Urbain – Enquête

But du jeu / Aperçu des règles

Dans Shadows Amsterdam, les joueurs représentent deux équipes d’enquêteurs privés devant résoudre une affaire avant l’équipe adverse. Le plateau représente la ville d’Amsterdam, avec ses 34 cases hexagonales accessibles. Les joueurs commencent au centre, et vont se déplacer de case en case pour retrouver des indices sur cette mystérieuse affaire.

Chaque équipe désigne dans ses rangs un Agent de liaison. C’est ce joueur qui va avoir le plan de la ville. Les Agents de liaison de chaque équipe prennent chacun une carte plan avec le même numéro et le même symbole, pour qu’ils aient des éléments en commun, qu’ils cachent. Sur cette carte plan, l’Agent de liaison voit les Indices que son équipe doit récupérer, les emplacements des patrouilles de Police sur lesquels son équipe ne doit pas aller, et enfin les cases Clients, sur lesquelles son équipe doit se rendre une fois trois Indices récupérés. A aucun moment à partir du début de la partie les Agents de liaison n’ont le droit de communiquer avec les équipes autrement qu’avec les cartes Indices.

Entre les deux Agents de liaison sont disposées face visible dix cartes Indices. Ces cartes sont accessibles aux deux Agents. A chaque fois  qu’un Agent de liaison veut faire se déplacer son équipe, il sélectionne une (ou deux) carte Indice(s) parmi celles disponibles et la(les) donne à son équipe. S’il ne donne qu’une carte, son équipe doit se déplacer d’une case, s’il en donne deux, elle doit se déplacer de deux cases. Une fois les cartes Indices transmises, l’Agent de liaison en pioche immédiatement deux nouvelles afin que l’Agent de liaison adverse et lui-même ait toujours 10 cartes Indices disponibles devant eux. Un Agent n’a pas à attendre que l’Agent de liaison adverse ait joué pour lui aussi transmettre des cartes : tout est simultané.

Une fois la ou les carte Indice reçue(s), l’équipe se concerte et se déplace sur une nouvelle case. A ce moment-là, plusieurs choses peuvent se passer :

  • S’ils se sont rendus sur un Indice de leur couleur, l’Agent de liaison place un Indice sur la case : ils avancent dans la résolution de l’enquête !
  • S’ils se sont rendus sur la Police, l’Agent de liaison place un jeton Police sur la planche Police de l’équipe. Au bout de trois jetons Polices, l’équipe a perdu la manche !
  • S’ils se sont rendus sur le client avant d’avoir collecté trois Indices, rien ne se passe. S’ils le font après avoir eu leurs trois Indices, l’équipe a gagné la manche !
  • Dans tout autre cas, rien ne se passe.

Et dans tous les cas, la partie continue. Une partie se joue en deux manches gagnantes.

Avis 

Shadows Amsterdam est la dernière sortie du studio Libellud. De toute façon, au vu de sa charte graphique et de son gameplay, ça sent le Libellud à plein nez ! Shadows Amsterdam a même été nominé dans la catégorie As d’Or du festival international des jeux à Cannes le mois dernier, en février 2019.

Shadows Amsterdam est un jeu très sympathique, rapide, nerveux et très bien illustré. Il est très facile de le rapprocher du Mysterium ou du Dixit, deux jeux du même éditeur qui font eux aussi appel à l’interprétation d’images. Sauf que cette fois-ci, les joueurs jouent en simultané, ce qui fait qu’il y a peu de temps mort, et qu’il y a aussi, par le côté compétition, une interaction entre les équipes, qui peuvent se tirer la bourre en regardant le plateau de jeu. Cette simultanéité et le côté compétitif sont les gros points forts du jeu, qui permettent justement de renouveler le style de jeu interprétation d’images.

Le plateau, même s’il peut paraître petit, est assez grand pour pouvoir faire beaucoup se déplacer les équipes. Certaines cases du plateau comportent des cases Indices disponibles aux deux équipes, ce qui est très amusant, car une fois l’Indice récolté sur cette case par une des deux équipes, cela la ferme à l’autre équipe. Ca accentue très fort la course et peut forcer des équipes à accélérer quitte à faire des erreurs alors que d’autres vont prendre leur temps pour jouer en sureté. L’ajout très malin de la Police force en plus l’Agent de liaison comme les joueurs à bien réfléchir à leurs choix. En effet, ce système est très punitif. Les trois jetons Police sont vite arrivés, car quasiment un tiers des cases en comporte… Mais une manche perdue ce n’est rien ! Car le système de jeu est tellement bon que de toute façon on en demande systématiquement une deuxième !

Mais il faut bien parler des points négatifs alors allons-y : le matériel. Dans un jeu d’interprétation d’images,  enfin un jeu basé sur cette mécanique, les cartes se doivent d’être facilement lisibles… Dans Shadows Amsterdam, les cartes sont beaucoup trop petites. Quel que soit le groupe de joueurs, j’ai toujours vu les joueurs arc-boutés sur la table, penchés pour étudier les images, notamment des quartiers. Celles-ci sont très proches, assez serrées, sans transition nette. Bref ce n’est pas forcément des plus pratiques, quand on voit les très jolies et lisibles cartes (bien plus grandes) d’autres jeux chez le même éditeur. Et par-dessus tout ça, elles semblent assez fragiles. Dans un jeu où rapidité peut vite se transformer en précipitation, cela peut devenir compliqué. On voit bien que le jeu a été pensé pour être un format « petit », avec une boîte très jolie et pratique à ranger, mais malheureusement, je ne peux pas m’empêcher de penser que cela nuit à mon plaisir de jeu. (Pas de beaucoup je vous rassure !)

Les pions d’Equipe sont magnifiques, avec leurs petits personnages sur moto, indéniablement un vrai point fort. Comme les illustrations qui ont un style bien à part, superbement réalisé. Enfin, on regrettera un rangement pas optimal.

   –  22.90 € chez Philibert

Fiche technique

Titre Original : Shadows Amsterdam
Date de 1ère sortie : 2018
Auteur : Mathieu Aubert
Editeur : Libellud

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